Et si on repensait à notre manière de photographier les bestioles?

 

 

    Cela fait une quinzaine d’années que je me passionne pour la vie sous marine, et que je passe beaucoup de temps à la photographier. Aujourd’hui, ma vie toute entière est dédiée à cette passion, vivant littéralement la plus grande partie de mon temps sur l‘eau avec mon amoureuse Marianne Aventurier à bord de notre voilier Diatomée.

 

Malheureusement, c’est il y a peu de temps que je me suis rendu compte que j’ai sans doute embêté une grande partie des espèces marines que j’ai pu rencontrer. 

Les raison raisons à celà sont sans doute: mon ignorance, mon envie de faire des photos rapidement, une bonne dose de stupidité et aussi d’égoïsme.

 

Les réseaux sociaux m’ont permis de faire un peu connaitre mon travail, mais aujourd’hui j’ai l’impression que ce sont plutôt eux qui imposent un modèle de photos qui doivent plaire. 

 

J’ai du mal à comprendre comment l’image d’une jeune fille en string devant un requin tigre ou une baleine peut avoir un tel succés, alors que tout le monde serait d’accord de trouver la même personne absolument ridicule devant un tigre ou un elephant nourri au milieu de la savane.

Probablement que nous nous sentons bien moins proches de ces animaux et leur vouons bien moins de respect, mais est ce une raison suffisante?

 

Ridicule?

Normal?

Les animaux qui sont le plus souvent exposés à notre capteur photographique sont les poissons.

Ces derniers n’ayant ni cordes vocales, ni paupières, il est difficile de cerner leurs expressions, mais il me semble qu’ils méritent une attention équivalente à celle que nous portons à nos amis terrestres.

 

La faune marine est bien différente de celle avec laquelle nous évoluons à terre, ici souvent ni tête, ni pattes, pas de devant ni derrière, certains animaux restent fixés à une partie rocheuse toute leur vie… il me semble donc nécessaire d’apprendre à les connaitre, pour arriver à les admirer.

 

A l’heure ou il semble important pour beaucoup de plongeurs/apnéistes de poster sur les réseaux sociaux une photo dans un cadre de rêve entouré de gros animaux, il est peut-être venu le temps de repenser à notre impact sur notre activité favorite.

 

Je me suis donc tout simplement inspiré des règles les plus basiques qu’emploient nos amis photographes animaliers terrestre pour tenter de calquer ce qui me semble le plus évident et qui ne l’est pas du tout sous l’eau:

 

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Une consigne qui semble faire l’unanimité:

 

Tenter de perturber le moins possible le comportement sauvage des animaux que nous croisons.

 

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Comment tenter de minimiser son impact sur les animaux?

 

-Se renseigner auprès des guides locaux qui sont ceux qui connaissent le mieux leur environnement.

-Les animaux doivent rester sauvages (le milieu aquatique est probablement le dernier espace réellement sauvage sur notre planète, évitons d’avoir un comportement avec ces animaux comme nous l’aurions avec un animal de compagnie)

-Apprendre à connaître les animaux que nous allons voir (espèces, familles, biotope)

-Ne pas toucher (ça semble la base du respect terre, faisons de même sous l’eau, c’est valable pour l’ensemble de la faune, des étoiles de mer aux dauphins…)

-Trouver la juste distance (si l‘animal semble perturbé, il faut s’éloigner)

-Ne pas nourrir (ce qui n‘est évidemment pas un comportement naturel)

-Ne pas poursuivre (ce qui révèle une perturbation du comportement)

-Eviter les flashs (pourquoi celà serait moins désagréable pour les animaux que pour nous?)

-Eviter de les déranger dans leurs lieux et périodes de repos (même si certains individus semblent curieux, ces cycles et ces endroits sont connus et nous n’avons pas à les perturber)

-Si fier à son instinct, si on trouve qu’un comportement est inapproprié, c’est généralement le cas.

 

Toutes les règles sur notre impact en tant que plongeurs restent évidemment valables, et en tant que photographes, nous nous devons d’y prêter attention:

 

-Ne pas ramasser ou déplacer d’organismes vivants pour la composition d’une photo.

-Evoluer discrètement et silencieusement (Sinon on risque de ne pas photographier grand chose…)

-Faire attention aux différents substrats en palmant (sable/corail/ rochers)

-Evidemment s’informer sur la législation, les zones protégées/interdites…

-Prendre son temps (vous remarquerez que les photographes naturalistes dont vous admirez le travail passent des mois, voir plusieurs saisons pour faire une belle serie de photos, et c’est aussi souvent que celà ne se produit pas.)

 

N’hésitez pas à compléter ou à ouvrir une discussion sur ces concepts si vous vous en sentez le besoin….

 

 

Bisous

 

Alex Voyer